Quelles menaces pour l'apron ?

L’Apron du Rhône est une espèce gravement menacée de disparition à l’échelle planétaire. L’Apron du Rhône est inscrit depuis 1990 sur la liste rouge mondiale des espèces menacées dressée par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

En 1996, son statut est passé d’espèce en danger, à espèce en danger critique d’extinction, statut qui a été renouvelé en 2008.

En 2009, la liste rouge nationale des poissons d’eau douce de France métropolitaine a été dressée conjointement par l’UICN et le Muséum National d’Histoire Naturelle. L’Apron du Rhône apparait comme l’une des 4 espèces du territoire gravement menacées d’extinction.

Les causes et menaces de régression identifiées sont multiples:

  • Méconnaissance de l'espèce :

 Faute de connaissance sur les populations d’aprons, les mesures de gestion ont été inadaptées... ou inexistantes !

  • Le blocage de la circulation des aprons d'un milieu à un autre :

Les barrages et seuils ont isolé des groupes au sein de la population initiale, entraînant un appauvrissement génétique mettant en péril le potentiel adaptatif de l'espèce. En effet, moins une population sera génétiquement diversifiée, moins elle pourra faire face aux changements de son environnement. De plus, sur certains secteurs, l'accès aux zones de reproduction a pu être bloqué.

La Loue

  • La disparition de certains milieux propices à la vie des aprons :

Les seuils et barrages sont souvent à l'origine de la destruction d'habitats propices à de nombreuses espèces comme l'Apron en créant une retenue à l'amont qui homogénéise les habitats: ainsi d'une succession de zones rapides et lentes aux habitats diversifiés, on passe à une zone type plan d'eau, homogène, où le fond se colmate et où l'eau est susceptible de davantage s'échauffer. De plus, des aménagements hydroélectriques, en absorbant les petites crues qui "nettoient" et structurent les cours d’eau, font également disparaître certains habitats par colmatage.

Les travaux dans le lit des cours d'eau, nombreux dans le passé (curage, extraction de granulats) sont également à l'origine de la destruction d'habitats propices.

  • La qualité et la quantité des eaux :

Si globalement, la qualité des eaux des rivières tendrait à s'améliorer compte tenu de leur surveillance et des actions mises en place, il n'empêche que celle-ci a pu jouer un rôle déterminant dans l'extinction de l'espèce sur certaine rivière par pollution. La vigilance doit rester de mise car des pollutions ponctuelles ont toujours lieu. De plus, nous appréhendons mal tous les effets possibles des micropolluants issus des activités de l'homme (industrie, produits phytosanitaires).

De plus la quantité et la qualité des eaux sont devenues critiques dans certains secteurs très anthropisés durant la saison estivale: baisse des niveaux d’eau et des superficies d’habitat (été sec, irrigation…),  forte affluence touristique (prélèvements d'eau, difficulté de traitement des eaux usées…). Peu de débit, avec des eaux qui montent en température, des fonds qui peuvent se colmater avec les matières en suspension, le tout entrainant une baisse de la qualité de l'eau, des habitats et de la nourriture disponible.